Texas, la classe américaine

Avoir les cheveux courts présente un gros avantage dans ce pays où la chaleur se fait sentir un peu plus chaque jour… ou presque. Mais conserver une coupe courte qui me plaise … serait-ce possible ? Voilà une question (pas vitale, c’est vrai!) que je me posais avant de partir.

J’avais fait couper mes cheveux deux jours avant notre départ mais depuis bientôt 3 semaines, tournait dans ma tête la petite phrase : « Il faut que j’aille chez le coiffeur. » Et les coiffeurs ne manquent pas à Mahajanga ! Mais lequel choisir ? Celui avec un salon « à l’européenne » de la galerie marchande du supermarché ? Un autre dont 3 personnes m’ont parlé et qui semble avoir travaillé en France ? Un coiffeur avec une petite échoppe et une jolie devanture comme on en croise beaucoup ? Ou un coiffeur de rue, installé sur le bas côté ?

Et avec quelle coupe de cheveux allais-je ressortir ? Le brushing de Lady Di en 1982 ? Celle de Demi Moore dans GI Jane ? Ou celle de Mia Frye ?

Évidemment, par sécurité et parce que c’est ce qui ressemble le plus à ce que je connaissais mon choix s’est d’abord porté vers le salon « vazaha » … J’y suis allée pour me renseigner. Mais je n’ai pas pris rendez-vous ….

J’ai essayé de joindre le deuxième salon dont on m’avait parlé, de le trouver aussi …. mais rien n’a abouti.

Et deux semaines sont passées. Chaque matin en me coiffant, je me disais : « Il faut que j’aille chez le coiffeur. » Mais je n’y allais pas.

Et puis vendredi, je suis sortie faire quelques courses. Dans la rue Tsaramandraoso, il y a plein d’échoppes de coiffeurs : La Rose, Lina, Sarah, Mathilde …. Je passe devant très souvent. Mais là sur un coup de tête, je suis entrée dans l’une d’elle, « Coiffure pour dames » était écrit sur la devanture.

 

 

C’est une seule pièce, plutôt petite, 10 m² peut-être. Il y avait trois coiffeuses et trois clientes en train de se faire tresser les cheveux ou poser des rajouts. Pas de point d’eau. Les cheveux sont-ils lavés avant d’être coiffés ? Je ne sais pas. J’ai salué ces dames et j’ai demandé si il leur était possible de couper des cheveux comme les miens. Une des coiffeuse m’a dit : « Oui. Suivez-moi, s’il vous plaît ». Et elle m’a reconduite vers la sortie.

 

Nous sommes passées devant deux échoppes et sommes entrées dans la troisième. Presque identique à celle que je venais de quitter, il y avait là un coiffeur et trois autres messieurs assis. Des posters de foot au mur … Un coiffeur pour hommes donc ! J’ai salué tout le monde et j’ai posé la même question. « Pouvez-vous coiffer des cheveux comme les miens ? » Le coiffeur m’a répondu : « Assieds-toi ! » Et il m’a placé un paréo autour du cou. Il ne parlait pas bien français mais comprenait tout ce que je lui disais. « Oui, oui, c’est bon. Tsara be …. »

D’abord, il m’a coiffée avec un peigne. J’ai vite retiré de ma pensée que ce peigne était peut-être passé dans bien d’autres cheveux sans être nettoyé avant d’arriver dans les miens ! Puis il a sorti une tondeuse ! Là, j’ai eu peur et je me suis dit : si c’est raté, je ne pourrais pas porter de bonnet ! Je lui ai dit : « La tondeuse, ça me fait peur ! » Il a rigolé. J’étais quand même stressée.

 

Et il a commencé à me couper les cheveux. Au peigne et à la tondeuse. Il s’est appliqué. Il a tout compris à ce que je voulais. Il m’a régulièrement demandé : « Et là ? Plus court ? Dégradé ? ». Il a beaucoup désépaissi, indispensable avec la chaleur ! Il a laissé longues les deux mèches que je voulais garder. En résumé : il a très bien fait son travail.

Nous avons eu un intermède musical, avec un cortège qui passait dans la rue. J’ai demandé ce que c’était : « Tradition malgache » a-t-il répondu.

 

Et puis ma coupe était terminée. J’en suis très contente.

Le moment de payer est arrivé. « 20 000 Francs » me dit-il. Souvent sur les marchés et dans les petites boutiques les prix sont annoncés en Francs malgaches. Ce n’est plus la monnaie nationale, le passage à l’Ariary a eu lieu en 2005. Mais comme pour les Français et l’Euro, beaucoup de Malgaches parlent encore en Francs malgaches. Il faut donc diviser le prix annoncé par 5 pour l’obtenir en ariarys. J’ai donc payé 4000 ariarys à mon coiffeur. 1,20 €.

Dès le lendemain, j’y ai emmené « Grand V » qui avait lui aussi besoin d’une coupe de cheveux depuis un moment.

 

Et à ce prix-là, je pense que, désormais, nous nous serons toujours bien coiffés.

3 réflexions sur “Texas, la classe américaine

  1. Très bon, tu nous a encore fait rire.
    Pour ce prix tu as même obtenu le service de photoreportage.
    Un prestataire va certainement perdre son monopole, la concurrence est trop dure.
    Est-ce la fin de  » PAPA COIFFURE  » ??

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