Journée de la femme

Le 8 mars est un jour férié à Madagascar, c’est la journée de la femme. Voici la copie d’un article lu dans « l’Express de Madagascar » du 24 février 2017, que chacun se fasse son avis …

Texte de Mbolatiana Raveloarimisa

Reprenons un texte d’il y a plus d’une année qui semble avoir tout son sens dans le contexte brûlant. Ceci n’est nullement un positionnement en faveur d’une candidature annoncée ou à venir. C’est simplement une réflexion, une option, une logique.

Retour sur notre histoire et notre culture : Madagascar, par ses racines austronésiennes, est fondamentalement matriarcale. Il faut aussi savoir que nos racines arabisées et africaines donnent une place particulière à la femme. En effet, ce sont les position judéo-chrétiennes, qui ont été imposées par la colonisation qui ont changé la donne.

Mes sœurs, mes mères, mes enfants, ce pays a été essentiellement gouverné par des hommes depuis notre indépendance. Seule une infime poignée de femmes (moins de 10 % des dirigeants) a pu participer à notre gouvernance de notre nation et notre terre est en agonie. Nos enfants meurent de faim, de maladies et sombrent dans une pauvreté inqualifiable. Pire encore, on les biberonne au lait de l’ignorance, de la bêtise humaine et de l’indifférence générale.

Mes sœurs, mes mères, mes enfants, notre terre est pillée de ses richesses. Nos ressources minières et notre précieuse nature sont bradées à outrance sans que personne ne puisse vraiment faire quelque chose, ou plutôt, sans que ceux qui peuvent vraiment changer les choses, ne le fassent vraiment. Chaque jour, nous nous appauvrissons et l’avenir de nos enfants est pris en otage par une minorité tout puissante. Des femmes participent à cette hécatombe humaine, depuis plus d’un demi-siècle déjà. Elles usurpent les concept de l’égalité des genres, pour briguer le pouvoir en notre nom, sans qu’aucune de nous n’assiste au changement.

Seulement, mesdames, nous sommes responsables de cette situation, peut-être même plus que ces hommes. En effet, chaque dirigeant, homme ou femme, est né d’une mère. Beaucoup d’entre eux ont des sœurs, des femmes, des compagnes, plusieurs maîtresses et des filles. Avons-nous manqué de les éduquer convenablement pour qu’ils puissent devenir de bons citoyens ? Sommes-nous présentes maintenant pour les tenir comme responsables ? Crions-nous au scandale ? Exigeons-nous leur redevabilité ? Car qui ne dit mot consent, nous avons failli.

Aussi, disons tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, loin du discours féministe : il faut des femmes pour sauver notre terre. Celles qui doivent monter au front aujourd’hui doivent être des dictatrices de changement positifs et assumer totalement leurs rôles. Le laisser-aller a tellement pris de l’ampleur qu’il nous faut des mains de fer pour rétablir l’ordre et maintenir le cap vers le développement. On a besoin de femmes qui osent détruire ce système pourri, mettre à terre les hors-la-loi, et demander des comptes à ceux qui ce sont déclarés rois. Des femmes obstinée qui ne donneront à ce peuple, à ce pays, qu’un seul choix : avancer.

Jusque là la masse a été bercée dans la pauvreté, culpabilisée pour ne pas réaliser qu’elle est manipulée. Cependant, mes sœurs, mes mères, mes filles, entre nous, qui donc soutiennent les familles malgaches pour ne pas sombrer dans la folie, dans la décadence totale face à l’envergure de la pauvreté que nous vivons ; qui se battent pour que nos hommes et nos enfants puissent encore vivre ? Qui souffre du joug de la violence au quotidien ? Comme le dit si bien Albert Camus : « Voici comment sont faites les femmes : elles souffrent de la souffrance de leurs enfants. »

Alors cessons d’accepter d’être des victimes du système. Arrêtons d’accpeter que les mauvais hommes tiennent indéfiniment les rênes de ce pays, arrêtons de regarder sans réagir ces femmes qui pillent délibérément notre pays et qui nous utilisent comme des marionnettes au nom du genre féminin.

Mes sœurs, mes mères, mes enfants, l’avenir de ce pays n’a plus d’autres options que notre engagement tant en politique que dans l’économie ; dans le social comme dans le domaine environnemental. Ne tardez plus dans la réflexion, ne nous réconfortons plus dans ce que pourrait nous réserver le destin. Agissons ! Margaret Thatcher, cette dirigeante aux mains de fer, nous a déjà éclairées par ces propos : « Si nous voulons qu’une chose soit dite : on demande à un homme ; si nous voulons qu’une chose soit faite : on demande à une femme. »

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