Nouveau départ

Voici un mois que nous sommes revenus à Madagascar, après des vacances d’été (pour la France, car ici c’était plutôt « l’hiver ») bien remplies, festives, ressourçantes, pleines d’émotions en tout genre et de retrouvailles familiales et amicales très agréables.

Nous ne savions pas à quoi nous attendre lorsque nous reviendrions en France. Quel serait notre ressenti ? La vie dans ces deux pays est vraiment différente. Mais tout fut très vite familier. 10 mois « d’expatriation » ne peuvent pas gommer les habitudes prises pendant toute la durée d’existence qui a précédé. Par contre, ces 10 mois offrent une nouvelle vision sur des modes de fonctionnement qui sont ou furent les nôtres. Ils nous permettent de poser un regard neuf sur des façons de faire qui ne nous interrogeaient plus. 10 mois peuvent nous montrer que notre façon de vivre ou celle vers laquelle la société nous conduit, n’est pas la seule valable. Ils peuvent aussi nous rappeler que des choix de vie passés furent justes et durables.

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De la même façon, nous ignorions quels seraient nos sentiments lors de notre deuxième arrivée à Mahajanga. Nostalgie, nouveau choc, plaisir ? Tout était envisageable. Finalement, nous avons repris notre vie ici là où nous l’avions laissée. Nous avons retrouvé nos marques et nos habitudes. Nous nous sommes réinstallés « chez nous » rapidement et avons repris le chemin du travail et de l’école dès le lendemain de notre arrivée. Cela laisse peu de temps pour l’introspection.

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La vue sur la mer s’est rappelée à moi comme un spectacle qui m’apaise et me réjouit. J’ai redécouvert que chaque petit-déjeuner pris en regardant les bateaux de pêcheurs partir, compense l’heure très matinale de réveil et débute la journée dans la douceur.

J’ai retrouvé le sentiment de liberté que me donnent mes trajets en mobylette. Mais aussi l’indispensable attention qu’ils réclament.

Cela dit, la « Mahajanga » que nous avons quittée début juillet, n’est pas tout à fait la même que celle retrouvée en septembre. Ici ce sont les grandes vacances jusqu’à la fin du mois d’octobre et la ville est un lieu de villégiature pour les touristes malgaches. Quelle affluence, quelle animation ! La semaine dernière se sont déroulées les épreuves du baccalauréat. Des groupes de jeunes gens ont grossi les rangs des familles en vacances. Les taxis-brousses et les bajajs défilent pour transporter les baigneurs jusqu’à Petite Plage ou Grand Pavois. Le nombre de gargotes et de parasols installés a au moins doublé. Les vendeurs de bouées, de maillots de bain et les photographes arpentent la plage. Il y a de la vie et une ambiance bon enfant très agréable !

Le célèbre baobab de Majunga est couvert d’illuminations et sur le boulevard qui longe la mer, le « bord », une fête foraine est installée. Il y a des nombreux manèges, des stands de glaces et de brochettes, de jeux de hasard et de vente de souvenirs… Chaque soir, les passants s’y pressent pour s’y amuser. Deux fois, nous nous y sommes rendus avec des amis. « Petit V » a essayé les autos-tamponneuses et les bulles de marche sur l’eau. Nous avons même, tous, fait un tour de chenille : un « petit » 8 qui nous a bien amusé. Le spectacle de 7 vazahas sur un manège a aussi fait rire pas mal de passants. Mais pour la « grande » roue a énergie manuelle nous ne sommes pas encore prêts. Nous ne pouvons nous empêcher de douter de la solidité de sa fixation au sol.

Depuis un mois, je m’aperçois que mon regard a changé ici. Je ne vois plus les choses avec le même étonnement, certaines me sont devenues habituelles mais d’autres me font toujours sourire. Beaucoup de petits détails, relevés lorsque j’observe autour de moi, sont pourtant là pour me rappeler que, pour le moment, je vis à Madagascar et pas dans un autre pays.

Lorsque je croise un taxi-brousse, le mot « transports en communs » prend tout son sens.

Quand je vois des tireurs de pousse-pousse, je n’oublie pas qu’en France les charges ne sont plus transportées à dos d’homme depuis longtemps.

Lorsque le moment est venu de faire le plein, je constate que le métier de pompiste existe toujours. Et, à la pompe, comme presque partout ailleurs, j’échange de « gros » billets lorsqu’il faut payer … Les prix s’annoncent en multiples de 1000, 10 000 ou 100 000.

Un trajet en voiture sans tomber en panne est une bonne surprise mais, la panne, un contretemps récurrent qui trouve en général une issue favorable. Jamais nous n’avons eu à laisser un véhicule sur le bord de la route.

Dans la rue, à la plage ou ailleurs, les gens, sans le vouloir, me rappellent que la tête est une partie du corps avec laquelle il est possible de porter. Ils transportent à pieds toutes sortes de choses qui sont déplacées avec des véhicules, en France, Je ne peux pas oublier non plus que les boutiques et les restaurants ne sont pas les seuls endroits où l’on peut acheter de la nourriture, et là c’est le mot « marchand ambulant » qui est bien illustré.

Nous voilà réinstallés à Madagascar, le temps des premières surprises est passé mais ce pays a tellement à offrir encore, que de nouvelles découvertes nous attendent assurément.

2 réflexions sur “Nouveau départ

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