Quand les difficultés s’additionnent …

… Mieux vaut être nombreux pour résoudre l’équation.

L’article d’aujourd’hui est inédit car c’est un appel aux dons pour ceux qui, même de loin, sont touchés par les histoires de vie à Madagascar que j’essaie de partager ici.

A Majunga, l’association « Tsikinjaza » entreprend, depuis 5 ans, des actions de prévention et de soins en matière de santé bucco-dentaire. Tsikinjaza signifie « sourire d’enfant ». Cette association a mis en place un cabinet dentaire, deux donatrices belges ont subventionné l’achat du matériel, notamment le fauteuil de soins. Ce cabinet est très propre, un jeune dentiste motivé par le projet alors qu’il était encore étudiant, y reçoit les patients depuis 2 ans.

Les actions de sensibilisation se déroulent dans un réseau d’écoles pour toucher les familles en commençant par les enfants. L’association distribue à chaque élève de ce réseau une brosse à dent et un dentifrice. Des volontaires, accompagnés du médecin viennent enseigner les bons usages du brossage des dents.

Ensuite les familles sont incitées à payer une petite participation de 6000 ariarys qui leur donne la possibilité de venir au cabinet dentaire gratuitement pour se faire soigner. L’année dernière, l’association n’est pas parvenue à trouver le financement pour l’achat des brosses à dents. Elles n’ont pas été distribuées, les familles n’ont pas payé leur cotisation, cela met en péril le fonctionnement du cabinet dentaire et l’ensemble du projet. Pourtant tout le matériel est là et doit pouvoir être utilisé efficacement.

L’année dernière, « A. » une collègue qui m’apprend beaucoup sur son pays, sa culture, ses usages et sa langue et pour qui j’ai beaucoup de tendresse, m’a expliqué le but de son association, son fonctionnement et les difficultés rencontrées. Lorsqu’on vit ici, à moins d’être complètement insensible et de n’avoir aucun intérêt pour le genre humain et son prochain, l’envie de soutenir, d’aider ou de se rendre utile, vient vite. Pour moi ce fut ainsi. Mais il est très difficile de savoir quoi faire ? Pour qui ? Comment ? Les besoins apparaissent facilement mais les moyens pour y répondre moins simplement. Alors soutenir « A. » dans son action déjà existante m’a semblé une bonne idée. Par deux fois, déjà, j’ai visité des écoles avec elle. J’ai commencé à collecter des brosses à dents depuis 6 mois environ en faisant appel à la bonne volonté de mon entourage selon ses moyens.

Cette semaine, « A. » m’a proposé de l’accompagner dans deux écoles qu’elle devait visiter pour mettre en place la distribution des brosses à dents dans les semaine à venir. Ce sont deux écoles « inclusives » c’est à dire qu’elles intègrent des élèves handicapés. La première, l’institution Nur, scolarise 532 enfants de la grande section au collège. Parmi eux, une vingtaine d’enfants sont handicapés. Il y a aussi une classe « Assama » dédiée à des élèves « décrocheurs » de 12 à 17 ans. L’objectif est de leur donner en 10 mois un niveau équivalent à celui des élèves ayant suivi le cycle élémentaire complet. La plupart y parvient, certains ont besoin d’une deuxième année pour y arriver.

Dans les classes de l’école primaire, il y a environ 40 élèves par classe. Les locaux sont agréables, les enseignants sérieux et compétents.

La deuxième école est le centre Mampiaty pour enfants sourds. Cet établissement scolarise 36 enfants sourds, 4 enfants aveugles et 15 enfants entendants, sans handicap. Nombreux sont les enfants qui ne peuvent payer leurs écolages.

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Les écolages, ce sont les frais de scolarité dont doivent s’acquitter les familles. Les élèves sourds ou aveugles viennent souvent de loin et sont internes ou demi-pensionnaires. Les élèves entendants sont des enfants du quartier qui ne vont pas à l’école. Le centre Mampiaty les scolarise car il est important pour l’école que les enfants se côtoient, handicap ou pas. Mais pour la quasi totalité d’entre eux, les familles n’ont pas les moyens de payer les écolages. A Mampiaty, ils s’élèvent à 6 000 Ariarys par mois pour un élève entendant. Habitants le quartier, ils rentrent déjeuner chez eux.

Pour un élève sourd ou aveugle demi-pensionnaire, les écolages coûtent 12000 Ariarys. Et enfin, les frais sont de 20 000 Ariarys par mois pour les internes.

L’enseignement dispensé dans ces deux écoles est vraiment de qualité et j’ai pu constater que les directrices et directeurs sont plutôt tolérants vis-à vis du non-paiement des écolages. Ils gardent tout de même les enfants en classe car c’est l’intérêt des élèves qui prime à leurs yeux. Pourtant, cela place les écoles dans une situation difficile. Comment faire tourner une cantine, disposer de matériel, entretenir les locaux ou trouver de bons enseignants sans argent ?

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J’ai rencontré aussi des enfants dont la situation personnelle est vraiment compliquée. Félix a 14 ans. Il est sourd et vit seul avec sa mère et son petit frère. Quand il est à l’école, il se sent bien. Mais le week-end ou le soir, c’est très compliqué pour lui. Sa mère reste absente de la maison pendant très longtemps. Il doit s’occuper de son tout jeune frère et est obligé de se rendre dans une autre famille pour se nourrir. Chez lui, il n’y a rien. Rien non plus pour se vêtir. Ses écolages ne sont pas honorés.

Judicaël est sourd de parents sourds. Mampiaty scolarise aussi sa sœur Juliana qui est entendante car d’après le directeur, cela permettra à la sœur de pouvoir mieux communiquer. C’est une aide pour toute la famille. Les écolages ne sont réglés pour aucun des deux enfants.

Charlysia a 17 ans. Elle est aveugle. Elle est arrivée à Mampiaty depuis le mois de septembre, elle lit le braille et apprend à l’écrire avec une machine. Elle vit un peu loin de l’école et doit prendre le bus pour venir. Ses parents vivent à Katsepy, le village qui se trouve de l’autre côté de la baie de Bombetoka. Pour y aller il faut 1h de traversée en bateau depuis Majunga. Charlysia vit seule avec ses frères de 10, 11 et 13 ans. Les parents viennent tous les 15 jours environ. Sauf quand il y a quelque chose d’important à faire. Souvent Charlysia ne peut pas venir à l’école car elle n’a pas d’argent pour payer le bus. Comment se nourrissent ces enfants ? Nous n’avons pas réussi à le savoir … Les écolages de Charlysia ne sont pas honorés.

Zakayna est interne. Sa famille vit à plusieurs centaines de kilomètres. Il reste à Mampiaty même lorsque viennent les vacances car personne ne peut payer son trajet. Il a peu de vêtement et ses écolages ne sont pas payés. Pourtant, il apprend et progresse bien. Il est déjà en 4ème année.

Le directeur m’a également présenté 2 frères qui sont arrivés à cette rentrée. Le père est tireur de pousse-pousse pour les marchandises. Toute la famille est sourde. « C’est important pour toute la famille que les enfants apprennent à parler. Ils pourront aider leurs parents. » Les garçons sont en classe de « démutisation » 1ère année. Ils apprennent à articuler les sons en rythme pour se faire comprendre des entendants et à lire sur les lèvres. Ils progressent bien. Leurs écolages ne sont pas honorés. La famille ne peut pas.

L’association « Tsikinjaza » propose des parrainages. Si quelqu’un souhaite soutenir ces enfants, ces écoles dans leurs projets, il est possible de s’engager pour une année scolaire ou plus en payant les frais de scolarité que les familles ne peuvent honorer.

Quel est le montant de l’investissement ?

6000 Ariarys par mois pour un enfant externe , c’est 1,50€. Pour une année scolaire de 10 mois, cela représente 15 €

12 000 Ariarys pour un demi-pensionnaire, c’est 3€ par mois. Soit 30 € pour une année scolaire

20 000 Ariarys pour un interne, c’est 5€ par mois. Soit 50€ pour une année scolaire.

Si vous comparez le montant de l’investissement et le gain pour ces enfants … Vous ne regrettez pas d’avoir dépensé un peu d’argent.

Avec les membres de l’association, nous avons mis en place une cagnotte « leetchi » dont voici le lien. Si vous souhaitez parrainer un enfant, vous pouvez faire un don de 15€, 30€ ou 50€. Vous pouvez multiplier cette somme si vous souhaitez parrainer plusieurs enfants. L’argent récolté en supplément participera au financement des brosses à dents et des tubes de dentifrice. Tout don inférieur à 15€ est tout de même utile car il permet à des enfants de bénéficier de soins dentaires pour une année scolaire : avec 1€, vous dotez 4 enfants de brosses à dents.

Il faudrait 1500€ pour équiper les 1500 élèves du réseau de brosses à dents et parrainer les enfants dont les écolages ne sont pas payés.

Si vous souhaitez participer à l’une ou l’autre des actions, précisez le moi dans un message après avoir effectué votre don. Lorsque je retournerai au centre Mampiaty, je pourrais, si vous le souhaitez vous indiquer quel enfant vous soutenez et ce que votre aide lui apporte.

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